A la rencontre de Bart De Nolf

02 avr 2021

Tous les deux mois, nous vous proposons de faire connaissance avec une personnalité liéer à l'orchestre, que ce soit sur scène ou dans la coulisse. Ce mois-ci, plein feu sur Bart De Nolf (contrebasse et guitare basse).

Depuis quand fais-tu partie du BJO ?

Officiellement depuis l’automne 2018. Sans compter toutes les fois où j’étais déjà venu faire un remplacement auparavant.

Quel est ton rôle exact dans l'orchestre ? 

Contrebasse et guitare basse.

Comment et pourquoi as-tu choisi ton instrument / ton rôle dans l'orchestre ?

Lorsque j’étais jeune, je pratiquais la flûte traversière. Mes débuts dans le jazz ont été un peu compliqués. Il faut se rappeler qu’à l’époque, c’était encore assez mal vu de faire du jazz dans les académies et conservatoires. Je suis ensuite passé vers les fréquences plus graves de la contrebasse, et j’ai continué à en jouer jusqu’à aujourd’hui.

Lors de mes études classiques, j’avais déjà le jazz en tête. Au début des années 80, il n’y avait encore aucun enseignement officiel consacré au jazz en Belgique. Juste les stages de la Halewynstichting à Dworp, où j’ai suivi quelques cours donnés par John Clayton. Un enseignement qui m’a clairement montré la voie à suivre.

Par ailleurs, je me suis toujours senti bien, comme bassiste, au sein d’une section rythmique. Mon instrument est rarement mis en avant, et pourtant il joue un rôle important dans l’équilibre musical.

Que fait-tu quand tu ne joues pas avec le BJO ?

Cela fait 28 ans que j’enseigne au Conservatoire Royal de Bruxelles, où j’occupe en outre depuis cette année académique le poste de responsable du département jazz. Sinon, je joue régulièrement avec d’autres artistes, comme Philip Catherine, le Johan Clement Trio et bien d’autres.

 

"Chaque nouveau projet représente un nouveau défi et c’est chaque fois — j’insiste, chaque fois — une occasion géniale de pouvoir pratiquer de la musique à un top niveau." - Bart De Nolf

 

Quel est le projet, cette saison, qui te motive le plus ?

Jusqu’à présent, je n’ai jamais été déçu par aucun des projets auxquels j’ai participé. Tous m’ont apporté énormément de satisfaction, tant personnelle que professionnelle. Je citerai le concert à Bozar en 2020 avec Jazz at Lincoln Center Orchestra, la tournée avec Ambrose Akinmusire et les concerts avec Tutu Puoane. Surtout celui qu’on a donné à New York, même si cela n’enlève rien au plaisir que j’ai retiré de projets comme In The Pines, BREL avec David Linx, Two Places, les collaborations avec John Beasley, Enrico Pieranunzi, Bert Joris… Chaque nouveau projet représente un nouveau défi et c’est chaque fois — j’insiste, chaque fois — une occasion géniale de pouvoir pratiquer de la musique à un top niveau.

Quel est ton meilleur souvenir avec le BJO ?

Le double concert avec Jazz at Lincoln Center Orchestra. Pour plusieurs raisons : l’expérience, la qualité de la musique et aussi le respect mutuel tout au long de la journée et de la soirée entre les musiciens des deux orchestres. La soirée a été magique, et l’enthousiasme se lisait tant sur les visages des musiciens que dans le public.

Quel CD/disque en streaming/émission de radio écoutes-tu en particulier pour l'instant ?

Alors je n’ai pas de compte Spotify mais j’écoute via Apple Music. Ce que j’adore, c’est de mettre mon iPhone en écoute aléatoire et passer de Charlie Parker à John Coltrane, de Elis Regina à A Tribe Called Quest, de Django Reinhart à Bill Evans, des Beastie Boys à Ahmad Jamal, etc.
Un hit récent ? Sans doute “Leave the door open” de Anderson.Paak en Bruno Mars : bien fichu, et le clip est super.

Qui rêves-tu de convier à jouer avec le BJO et pourquoi ? 

Je suis toujours épaté quand je vois la liste des artistes qui ont été associés au BJO durant son histoire. Ils ne font que confirmer le niveau insensé de cet orchestre hors du commun. Rajouter un nom ? C’est difficile… John Scofield ? Mais alors avec Hendrik Braeckman, notre guitariste attitré !

Comment vis-tu, comme musicien, cette période particulière du Covid 19 ?

C’est vraiment un drame. Je ne vais pas trop me plaindre, même si j’arrive petit à petit au bout de mes réserves. Je pense surtout à celles et ceux qui, comme moi et quelques autres collègues, n’ont pas la chance de bénéficier d’un revenu dans l’enseignement. Ce sont vraiment des moments très critiques pour les musiciens.

Je me concentre par conséquent sur mon job au Conservatoire et j’essaie de garder une vie normale, en famille et avec les enfants. Et comme tout le monde, j’aspire à des jours meilleurs et je profite de chaque petite opportunité qui nous est donnée de jouer en studio ou sur scène. Vous n’imaginez pas la joie que ces rares moments nous procure à tous !